Irumu : Les déplacés de Ruzinga et Kamatsi-Mudogo dans l’abandon total, un élu provincial alerte
Les déplacés internes établis sur les sites de Ruzinga et Kamatsi-Mudogo, situés dans le groupement Boloma, en chefferie de Walendu-Bindi (territoire d’Irumu), font face à une détérioration critique de leurs conditions socio-économiques et sanitaires. Sans aide humanitaire régulière, ces ménages dénoncent un manque criant de nourriture, un accès quasi inexistant aux soins de santé primaires ainsi qu’un délabrement avancé de leurs infrastructures d’accueil provisoires.
Installées dans ces camps depuis 2021 après avoir fui les exactions armées attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le territoire d’Irumu, ces familles vivent dans une vulnérabilité extrême. L’usure des bâches et l’absence d’équipements adéquats exposent directement les résidents aux intempéries, aggravant la précarité du quotidien sur les deux sites. « Nous vivons sans nourriture et nous avons des difficultés à accéder aux soins médicaux. Nos abris sont en mauvais état. Lorsque la pluie commence, nous nous retrouvons dehors parce que les bâches sont déjà détruites », témoigne un sinistré rencontré sur place.
À cette détresse matérielle s’ajoute une crise éducative majeure à la veille et durant la période scolaire. Privés de moyens financiers et de sources de revenus stables, la majorité des parents se trouvent dans l’incapacité d’acquérir les fournitures de base, de payer les frais annexes ou de procurer des uniformes à leurs enfants, compromettant durablement leur scolarisation. « Nous demandons au gouvernement de nous aider avec la nourriture et de nous donner les moyens pour que nos enfants puissent aller à l’école », lance un autre parent déplacé.
Saisi par la dégradation de la situation sur le terrain, le député provincial Masumbuko Adabha Louis confirme l’urgence humanitaire et interpelle directement la communauté internationale ainsi que le pouvoir central. L’élu souligne que le site de Kamatsi-Mudogo n’a bénéficié d’aucune prise en charge significative depuis l’installation des ménages, tandis que le site de Ruzinga subit un arrêt complet des distributions depuis plus d’une année.
« Je demande à OCHA et à toutes les ONG basées à Bunia d’écouter le cri d’alarme de ces déplacés et de venir à leur aide. Nous ne savons pas comment ces enfants vont étudier, car ils manquent d’effets scolaires et même d’uniformes », a déclaré le député provincial.
Face à ce vide humanitaire, les sinistrés réitèrent leur appel conjoint au gouvernement congolais, au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et aux agences partenaires opérant en Ituri pour le déploiement immédiat de vivre, d’intrants médicaux, de bâches d’urgence et d’un programme de soutien à la scolarisation.
