Bunia : Des militants de la LUCHA libérés après deux mois de détention pour avoir réclamé de l’eau
Le dénouement est effectif ce samedi 9 mai 2026 ; les militants de la Lucha, arrêtés devant le bureau de la REGIDESO à Bunia, ont quitté leur cellule après avoir purgé l’intégralité d’une peine de deux mois de prison ferme. Cette remise en liberté intervient au terme d’une incarcération qui avait débuté lors d’une manifestation pacifique visant à exiger un accès effectif à l’eau potable, un service de base dont la carence persiste dans la capitale provinciale.
Ces civils avaient été initialement interpellés sur instruction du Gouverneur militaire de l’Ituri. Le point de friction majeur de cette affaire demeure la nature de la procédure judiciaire engagée contre ces activistes. Bien que de statut civil, les membres de la Lucha ont été traduits devant le tribunal militaire de Bunia, une instance qui les a reconnus coupables d’une prétendue « atteinte à la sûreté de l’État ». Pour l’organisation, cette qualification criminelle pour une simple revendication sociale est disproportionnée et injustifiée.
« Revendiquer l’accès à l’eau n’est ni un crime, ni une menace contre l’État », s’insurgent leurs camarades, rappelant que l’exercice des droits citoyens pour un besoin fondamental ne devrait jamais conduire à une telle criminalisation. L’indignation de la société civile reste entière, car ce dossier soulève la question du respect des libertés publiques et de la gestion des besoins sociaux primaires sous le régime de l’état de siège. Pour les militants, exiger des conditions de vie dignes est un acte de citoyenneté et non un acte de sédition.
« L’eau potable est un droit fondamental, et ceux qui élèvent leur voix pour l’exiger ne devraient jamais être criminalisés », martèle le mouvement dans un communiqué marquant cette sortie de prison. Malgré cette libération, la Lucha prévient que le dossier est loin d’être clos sur le plan des infrastructures. Si les militants ont recouvré leur liberté physique, la problématique de la desserte en eau à Bunia demeure un défi quotidien pour la population.
« Cette libération marque une étape, mais le combat pour la justice sociale et l’accès équitable aux services de base continue », concluent-ils. Pour les observateurs locaux, cette affaire souligne l’urgence pour les autorités de répondre aux attentes sociales par des investissements techniques plutôt que par la rigueur des tribunaux.
Rédaction
