Mambasa : La FOSSHID au chevet des déplacés oubliés des axes Kisangani et Nduye
Face au silence humanitaire qui pèse sur le territoire de Mambasa, la Fondation Saïdi Shishombo pour le Développement (FOSSHID-RDC) a marqué une étape décisive ce samedi 26 avril 2026. Une assistance massive, estimée à 22 tonnes et demie de vivres et non-vivres, a été mobilisée pour secourir 700 ménages de déplacés.
Ces familles, ayant fui les atrocités commises par les rebelles ADF à Muchacha, Babesua et Bafwakoa, ont reçu chacune un kit de survie composé de 12,5 kg de riz, 3 kg de haricots, deux barres de savon et quatre sachets de sel.
L’originalité de cette intervention réside dans le ciblage de bénéficiaires souvent invisibles dont les déplacés vivant hors sites. Contrairement aux familles regroupées dans des camps officiels, ces rescapés sont disséminés au sein de la communauté locale, ce qui rend leur accès à l’aide internationale particulièrement complexe.
Trésor Anditaji, coordonnateur de la FOSSHID-RDC, souligne cette particularité : « Je pense que les déplacés qui ont bénéficié de cette assistance ne sont pas les déplacés cantonnés au site. Les déplacés qui sont venus de l’axe Kisangani, je pense qu’ils sont dans la communauté, ils sont éparpillés dans la communauté hors site ». Cette action de proximité vise à combler un vide criant, alors que la situation sécuritaire dans la province de l’Ituri continue de jeter des milliers de civils sur les routes.
Le coordonnateur a d’ailleurs profité de cette tribune pour dénoncer l’absence de réponse des grands organismes de secours dans cette zone précise. « Nous appelons maintenant les organisations humanitaires à tourner leur regard vers Mambasa, où les déplacés sont en train de souffrir actuellement sans aucune assistance », a-t-il martelé, précisant que si un homme de bonne volonté a dû intervenir, c’est justement par constat de cette carence.
Malgré l’ampleur de ce don de 22,5 tonnes, la FOSSHID rappelle que les besoins restent immenses face au flux constant de populations traumatisées par les massacres. En qualifiant cette aide de « petite » au regard de la détresse globale, Trésor Anditaji espère que ce geste servira de déclic : « Nous avons remis le peu que nous avions pour ce petit nombre de déplacés, mais nous appelons les hommes de bonne volonté à emboîter le pas ».
Un message qui résonne comme un signal d’alarme pour la communauté internationale.
Rahim Jules César
