Massacre de Biakato : L’ONGDH « Protection Plus » fustige l’inertie des FARDC face à l’horreur

Massacre de Biakato : L’ONGDH « Protection Plus » fustige l’inertie des FARDC face à l’horreur

Le 7 mai 2026, la localité de Biakato et ses environs, dans le territoire de Mambasa, ont basculé dans l’indicible lors d’une incursion sanglante des rebelles ADF. Le bilan provisoire, qualifié d’« extrêmement lourd » par l’ONGDH Protection Plus, fait état de 21 civils sauvagement tués dont un blessé ayant succombé à ses traumatismes le vendredi 8 mai et de plus de 67 personnes emmenées en captivité.

Dans leur sillage de destruction, les assaillants ont étendu leurs exactions jusqu’à la localité de Kawame, où un camp de miliciens UPLC a été réduit en cendres, entraînant la capture de 23 combattants, la destruction par le feu de six motos et l’incendie de plusieurs habitations ainsi que d’une boutique après son pillage. ​Face à ce carnage, l’indignation de la société civile est totale, non seulement contre les terroristes, mais aussi contre l’immobilisme des forces régulières.

Maître John Vuleveryo Musombolwa, facilitateur et défenseur des droits humains, dénonce avec une fermeté sans équivoque la défaillance des unités de l’armée stationnées dans la zone. « Ce qui révolte la population de Biakato et ses environs, c’est l’absence de réaction efficace des éléments des forces armées de la République basés à Biakato », martèle-t-il, soulignant que les terroristes ont pu circuler librement, kidnapper des civils et se replier sans jamais être inquiétés ni poursuivis par les militaires. ​Cette apathie opérationnelle devant une tragédie de cette ampleur est jugée inacceptable par l’organisation, qui refuse de voir la population abandonnée à son triste sort.

Pour Protection Plus, une telle passivité ne peut rester impunie : « Nous exigeons l’interpellation immédiate ainsi que l’arrestation du commandant FARDC basé à Biakato afin qu’une enquête sérieuse soit ouverte », réclame Me Vuleveryo, précisant que la lumière doit être faite sur les responsabilités liées à l’absence de riposte durant l’attaque. L’ONG insiste sur le fait que la population de Biakato a « droit à la protection de l’État et non à l’abandon ». L’appel à l’action s’adresse désormais aux plus hautes instances du pays.

L’ONGDH Protection Plus exhorte les autorités nationales, provinciales et les partenaires sécuritaires à engager des mesures d’urgence pour stabiliser la région de Mambasa et lancer des opérations de secours pour retrouver les nombreux otages. L’exigence de vérité et de justice reste le moteur de cette déclaration poignante, car, comme le conclut Maître John Vuleveryo : « Le sang des innocents versé à Biakato ne peut rester sans vérité, sans justice et sans responsabilité ».

Rédaction

Partager