Motion Shabani : Aimé Boji, le « Speaker au milieu du village »

Motion Shabani : Aimé Boji, le « Speaker au milieu du village »

La séance plénière de ce mercredi 29 avril à l’Assemblée nationale restera comme un test de maturité pour la chambre basse du Parlement congolais. Sous la direction de son président, l’Honorable Aimé Boji Sangara, les députés nationaux ont examiné la motion de défiance visant le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani.

Dans un hémicycle affichant complet avec 490 élus présents sur 500, l’issue des débats a finalement tourné en faveur du membre du gouvernement, suite au rejet de l’initiative portée par le député Lady Lotika Likwela. ​Le dénouement est intervenu après une motion incidente soulevée par l’honorable Gary Sakata. Ce dernier a méthodiquement pointé des irrégularités procédurales et rédactionnelles entachant la motion initiale, rendant, selon lui, sa poursuite irrecevable au regard des textes régissant l’institution.

Cet argument juridique a scellé le sort de la procédure, mais c’est surtout la conduite des débats par le Speaker Aimé Boji Sangara qui a retenu l’attention des observateurs politiques. Adoptant une posture de neutralité absolue, souvent décrite comme celle de l’homme « au milieu du village », Aimé Boji Sangara a veillé à ce que chaque partie puisse s’exprimer avant que les questions de recevabilité ne soient tranchées. En garantissant le droit des motionnaires à défendre leur démarche tout en préservant les prérogatives de défense du Vice-Premier ministre, le Président de l’Assemblée nationale a transformé une session sous haute tension en un exercice de démocratie procédurale.

​Cette gestion impartiale n’est pas passée inaperçue dans les travées de l’hémicycle. De nombreux élus y voient la concrétisation des engagements pris par Aimé Boji Sangara lors de son discours d’investiture du 13 novembre dernier, où il promettait de placer le règlement intérieur et l’équité au cœur de son mandat. En refusant de prendre parti, le Speaker a non seulement apaisé les velléités de blocage, mais a surtout renforcé la crédibilité de l’institution parlementaire comme temple du débat contradictoire et de l’État de droit.

​Au-delà du sort politique de Jacquemain Shabani, qui conserve ainsi son fauteuil, cette journée réaffirme la vigueur des mécanismes de contrôle de l’action gouvernementale en République Démocratique du Congo. Elle démontre que si la contradiction est l’âme de la démocratie, le respect strict des règles de procédure en demeure le garde-fou indispensable, sous l’arbitrage d’un bureau soucieux de l’équilibre des pouvoirs.

Rédaction

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