RDC : Patrick Munyomo dénonce un « harcèlement physique » et des menaces de Modeste Bahati Lukwebo
Le paysage politique congolais est de nouveau secoué par un vif affrontement entre deux figures de proue. Dans un communiqué officiel publié ce jeudi 14 mai 2026, la cellule de communication du député national Patrick Munyomo a sonné l’alarme, dénonçant ce qu’elle qualifie de « provocations répétées » et de « menaces directes » orchestrées par le sénateur Modeste Bahati Lukwebo.
Au cœur de cette vive tension ; une cohabitation de voisinage forcée dans un immeuble du centre-ville de Kinshasa, perçue par le camp Munyomo comme une manœuvre d’intimidation. L’incident déclencheur est survenu le 13 mai, lorsque le sénateur Bahati Lukwebo s’est rendu dans un centre de formation linguistique situé à la porte immédiate du bureau privé de l’élu de Goma.
Pour l’entourage de Patrick Munyomo, cette démarche est dénuée de toute innocence, soulignant que le sénateur se targue déjà d’être diplômé d’une université anglo-saxonne. « Pourquoi choisir précisément ce centre alors que Kinshasa en regorge ? Est-ce une stratégie pour imposer une cohabitation forcée dans les ascenseurs, les parkings et les couloirs ? », s’interroge le communiqué, qui voit dans cette présence une volonté de surveillance physique inquiétante.
Cette rupture s’inscrit dans un contexte de désamour politique profond. Depuis que Patrick Munyomo a publiquement fustigé, le 4 mars dernier, ce qu’il qualifie d’« hypocrisie » du sénateur envers l’Union Sacrée et le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi, le climat entre les deux hommes est devenu délétère. Le camp Munyomo affirme désormais détenir des « éléments de preuve bien documentés » attestant d’une hostilité croissante du leader de l’AFDC-A à l’égard de l’élu du Nord-Kivu, transformant une simple divergence politique en une affaire de sécurité personnelle.
Face à ce qu’il considère comme un péril imminent, Patrick Munyomo a officiellement saisi le Parlement ainsi que les services de sécurité compétents. Le député estime que la présence régulière de la garde rapprochée du sénateur à ses côtés constitue une menace pour son intégrité physique. Cette interpellation vise à prévenir tout dérapage dans un climat politique déjà surchauffé, où les querelles de voisinage semblent se muer en enjeux d’État.
Le communiqué se veut solennel et place le sénateur Bahati Lukwebo face à ses responsabilités devant l’opinion nationale et internationale. « Si un quelconque incident venait à survenir à l’encontre de l’honorable Patrick Munyomo, la responsabilité en incomberait entièrement au sénateur Bahati Lukwebo », prévient l’entourage de l’élu. En l’absence de réaction officielle du cabinet du sénateur au moment de cette publication, cette affaire souligne la fragilité des alliances et l’exacerbation des tensions au sein de la classe dirigeante congolaise.
Rédaction
