1er Mai à Mambasa : Le Brasero comme Symbole de Dignité et de Réussite

1er Mai à Mambasa : Le Brasero comme Symbole de Dignité et de Réussite

En ce 1er mai, alors que la Journée internationale du travail met à l’honneur les travailleurs du monde entier, le tintement des marteaux résonne avec une force particulière à Mambasa. À l’atelier « Bora Maisha » situé à environ 30 mètres de l’église catholique de Mirindi, la fabrication artisanale de braseros est devenue bien plus qu’un métier, c’est un rempart contre la précarité pour une jeunesse qui a décidé de prendre son destin en main.

« C’est de l’importance pour la jeunesse de faire un travail manuel », affirme Kasereka Luvatsi Héritier, président de l’atelier, pour qui l’artisanat est la clé pour « relever notre cité de Mambasa ». ​Pour ces jeunes « ajusteurs », la sueur se transforme en stabilité. Nasson, l’un des artisans, ne cache pas sa fierté devant les résultats concrets de son labeur : « On a déjà eu beaucoup de bénéfices… certains ont même déjà acheté des parcelles ».

Dans ce secteur, le travail est aussi une école de discipline. Face aux mirages de la rue, le message est sans équivoque : « Je demande à ceux qui fument du chanvre de se concentrer pour faire ce travail… de laisser les drogues qui ne font que détruire la tête ». Pourtant, le chemin vers la dignité se heurte aux préjugés d’une société qui juge trop souvent à l’apparence. À Mambasa, les vêtements souillés par la limaille et la fumée sont parfois perçus comme un signe d’échec.

« Les gens nous méprisent beaucoup, surtout parce qu’on porte des habits sales », regrette Héritier. Mais face à cette stigmatisation, ces forgerons opposent une réalité économique imparable : « Cela nous aide parce qu’on ne peut pas passer notre temps sur la route à mendier ». ​En cette journée de célébration, le cri du cœur de ces artisans s’adresse aux autorités. Si le brasero nourrit son homme, l’ambition de ces jeunes appelle à un soutien plus large.

« L’important est qu’on nous aide, nous les techniciens, pour qu’on puisse progresser », plaide le responsable de l’atelier. À Mambasa, le 1er mai n’est pas qu’une date sur un calendrier, c’est le symbole d’une jeunesse qui prouve, un coup de marteau après l’autre, que l’on peut forger son avenir avec détermination.

Rédaction

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