Ituri : À Mambasa, la LUCHA alerte sur une crise humanitaire aggravée par la pression fiscale
En plein cœur d’une crise sécuritaire sans précédent, le territoire de Mambasa s’enfonce un peu plus chaque jour dans une précarité économique alarmante. Une situation intenable qui a poussé le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA), section de Mambasa, à briser le silence. Dans une déclaration officielle rendue public ce dimanche 07 juin, l’organisation fustige la hausse continue et inquiétante des prix des produits de première nécessité, pointant directement du doigt l’introduction de nouvelles mesures de taxation.
Sur le terrain, la grogne sociale monte. « Plusieurs commerçants, opérateurs économiques et contribuables dénoncent l’application de nouvelles mesures fiscales », rapporte la LUCHA, soulignant que les conséquences de ces décisions politiques « pèsent directement sur les consommateurs, déjà confrontés à d’importantes difficultés économiques. » Pour le mouvement, cette trajectoire financière est déconnectée de la réalité d’un territoire meurtri où le quotidien est dicté par la peur et le dénuement.
Le tableau dépeint par les militants est en effet d’une noirceur absolue. Entre les massacres, les attaques armées répétées, les pillages et les incendies de commerces, l’économie locale est exsangue. Ce climat de terreur a jeté des milliers de familles sur les routes, les contraignant à abandonner villages et champs, asphyxiant ainsi l’appareil productif de la région. C’est face à ce chaos humanitaire que l’incompréhension grandit vis-à-vis de l’attitude de l’État. « Dans ces conditions, il est incompréhensible que les services fiscaux continuent d’imposer des charges supplémentaires à une population déjà éprouvée par l’insécurité, la pauvreté et le coût élevé de la vie », martèle la cellule de communication du mouvement.
Devant l’urgence de la situation, la LUCHA Mambasa refuse le statu quo et exige un sursaut de responsabilité de la part des autorités. Le mouvement demande instamment aux responsables des services fiscaux de « revoir leur politique de taxation et de tenir compte de la capacité réelle des contribuables, ainsi que du contexte sécuritaire exceptionnel que traverse le territoire de Mambasa. »
En attendant une réponse du pouvoir public, l’organisation citoyenne pose les jalons d’une possible contestation pacifique et appelle la population, les commerçants et l’ensemble des contribuables à « rester vigilants et mobilisés, en attendant les prochaines orientations du mouvement. » Un avertissement à peine voilé qui résonne comme un dernier appel au bon sens avant que la détresse sociale ne se transforme en colère de la rue.
Rédaction
