Ituri : La LUCHA s’oppose à l’installation de la MONUSCO à Mambasa

Ituri : La LUCHA s’oppose à l’installation de la MONUSCO à Mambasa

Le bras de fer est désormais engagé entre le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) et le projet d’installation d’une base de la MONUSCO dans le territoire de Mambasa. Ce jeudi 30 avril, les militants ont officiellement lancé une vaste campagne de collecte de signatures visant à mobiliser 15 000 citoyens en l’espace d’une semaine.

​Cette offensive citoyenne s’appuie sur un socle juridique précis, l’article 23 de la Constitution, qui garantit la liberté d’expression, et l’article 27, qui consacre le droit de pétition pour tout citoyen congolais. Cette démarche cristallise un sentiment de ras-le-bol généralisé face à une présence onusienne jugée inefficace par les acteurs locaux. La cellule de communication de la LUCHA ne mâche pas ses mots pour justifier cette levée de boucliers, pointant du doigt un bilan sécuritaire qu’elle estime désastreux dans les territoires voisins.

​« Regardez Djugu, regardez Irumu, les massacres continuent, les déplacements massifs continuent, et la MONUSCO est là. Elle est incapable de protéger les civils », martèle le mouvement, qui refuse de voir ce schéma se reproduire à Mambasa. Pour ces activistes, l’argument des deux décennies de présence sans résultats tangibles contre les rebelles ADF constitue le pivot de leur contestation.

​Le document, qui circule déjà dans les quartiers Binase, Mirindi, TP 32/25, Garage et aux abords du marché central, dénonce le risque de création d’un « carcan de dépendance » vis-à-vis des forces internationales au détriment de la montée en puissance des forces régaliennes. « Nous voulons montrer à la face du monde que la MONUSCO ne sert à rien en Ituri. Nous disons NON à son arrivée dans le territoire de Mambasa. Nous faisons confiance à nos FARDC pour nous sécuriser », affirme avec force le plaidoyer porté par les militants.

​Au-delà de la simple opposition, la pétition exige une réorientation immédiate des priorités logistiques et financières. Les signataires demandent que les ressources initialement prévues pour l’érection de cette base soient réaffectées au renforcement des effectifs de la Police Nationale Congolaise (PNC), à la réhabilitation de l’axe routier Komanda-Mambasa et à l’amélioration des conditions de vie des militaires engagés sur le front.

En attendant le dépôt du document auprès de l’Administrateur du territoire, la LUCHA appelle à une signature massive pour transformer cette indignation en un acte politique incontournable.

Rédaction

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