Ituri : les « Barzas » au cœur de la réconciliation à Irumu et Djugu
En Ituri, une nouvelle étape vient d’être franchie dans la recherche de la paix. Dans le cadre du projet « Soutien au processus de paix et à la stabilité des territoires de l’Est de la République démocratique du Congo », l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en partenariat avec l’ONGD ACIAR et avec l’appui de l’Union européenne, a lancé une série de Barzas et fora intercommunautaires.
Ces rencontres s’inscrivent dans une dynamique renouvelée de dialogue inclusif entre les communautés locales. Depuis le 29 avril 2026, ces activités se tiennent dans les territoires d’Irumu et de Djugu, avec un accent particulier sur la chefferie des Bahema d’Irumu. Les localités de Tsere et Kabarole accueillent les premières assises qui réunissent 70 participants, dont 30 femmes et 40 hommes. Ex-combattants, membres des communautés Hema, Lendu et autres groupes locaux y prennent part pour échanger autour des enjeux de coexistence pacifique.
Cette initiative intervient dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant. Malgré son potentiel économique, la province de l’Ituri reste marquée par l’activisme de groupes armés tels que la CODECO, la FRPI, la FPIC et les ADF. Les conflits fonciers, l’exploitation illicite des ressources naturelles ainsi que les rivalités communautaires continuent d’alimenter les tensions, fragilisant davantage la cohésion sociale. À ces défis s’ajoute une crise de confiance persistante entre la population et certaines institutions sécuritaires, souvent accusées d’exactions. Par ailleurs, les mécanismes traditionnels de résolution des conflits se sont progressivement affaiblis. Dans ce climat, les femmes et les jeunes, bien que fortement affectés par l’insécurité, restent insuffisamment impliqués dans les processus de prise de décision.
Face à cette réalité, les Barzas communautaires se positionnent comme un levier essentiel pour retisser le lien social. Ils offrent un espace d’échange direct entre communautés, autorités locales et ex-combattants, permettant d’aborder sans tabou les questions liées à la paix, à la sécurité et à la gouvernance locale. L’objectif est de favoriser une compréhension mutuelle et de bâtir des solutions concertées.
La mise en œuvre du projet repose sur une approche progressive et participative. Après la signature du partenariat en avril 2026 entre l’OIM et ACIAR, les activités ont débuté dans les zones où les ex-combattants sont déjà identifiés, notamment dans le cadre du programme P-DDRCS. Une coordination étroite est assurée entre les différents partenaires techniques pour harmoniser les interventions et maximiser leur impact.
À terme, ces dialogues devraient permettre d’identifier les priorités communautaires, de cartographier les zones à risque et de renforcer les mécanismes locaux de paix. Dans chaque entité, des acteurs communautaires seront désignés comme artisans de paix afin de porter les initiatives locales. Dans un contexte encore fragile, notamment à Djugu, cette démarche apparaît comme un pas concret vers la réconciliation et la stabilisation durable de l’Ituri.
Rédaction
