Mambasa : Le stade Mirindi s’écroule, le chef des ITP fustige des travaux « au rabais »
La nature a fini par exposer les failles humaines à Mambasa. Dimanche 26 avril en fin de journée, une partie de la clôture du stade Mirindi, encore en chantier, n’a pas résisté aux intempéries. Si la pluie a été le déclencheur, les causes réelles du sinistre sont à chercher dans la qualité même de l’ouvrage, selon le diagnostic sans appel de Kasereka Valimugighe Ildephonse, chef du service des Infrastructures et Travaux Publics (ITP) du territoire. Sur le terrain, le constat est amer.
L’effondrement n’est pas le fruit de la fatalité, mais d’un manquement flagrant aux normes élémentaires de génie civil. « Il y a eu un manque de dosage et une absence totale de colonnes dans les constructions effectuées », a martelé Kasereka Valimugighe. Pour ce responsable technique, la structure était condamnée d’avance par sa fragilité : « S’ils avaient posé des colonnes, cela aurait aidé à ce que l’élévation soit solide. Or, nous avons constaté, en palpant les blocs tombés, que le dosage était très faible ». Au-delà des matériaux, c’est le professionnalisme des bâtisseurs qui est directement pointé du doigt.
Le chef des ITP déplore un manque de suivi et une opacité dans la conduite des travaux, regrettant que les responsables du chantier ne se soient jamais manifestés auprès de ses services pour justifier leurs méthodes ou les arrêts fréquents des travaux. « L’ingénieur n’est pas venu au service pour dénoncer pourquoi ils ont été arrêtés et pourquoi son travail n’a pas fait l’objet d’un suivi quotidien. Il fallait qu’il montre à son partenaire pourquoi ils étaient bloqués ».
Face à ce qu’il qualifie de travail d’amateurs, Kasereka Valimugighe Ildephonse a décidé de passer à l’offensive pour assainir le secteur de la construction à Mambasa. Il appelle désormais tous les ingénieurs et architectes opérant dans la région à sortir de l’ombre. « Je demande aux ingénieurs de se mobiliser, de venir au service pour s’identifier, afin que nous sachions comment assurer le suivi sur les chantiers ». Une mesure de rigueur qui vise avant tout à protéger la population et les infrastructures publiques contre les « charlatans » du bâtiment.
Enfin, le chef des ITP a profité de cette alerte pour interpeller les résidents du quartier Mirindi, notamment aux abords du lieu-dit « 100 mètres ». Il les exhorte à s’organiser pour déboucher les caniveaux, afin de permettre une évacuation fluide des eaux et d’éviter que d’autres incidents évitables ne surviennent.
Rahim Jules César
