Massacre de Makumo : La population et l’élu de Mambasa exigent la vérité sur l’absence d’intervention militaire

Massacre de Makumo : La population et l’élu de Mambasa exigent la vérité sur l’absence d’intervention militaire

L’horreur a frappé le centre de négoce de Makumo, chef-lieu du groupement Bangole, ce dimanche 10 mai 2026 vers 18h30. Le bilan provisoire de cette incursion sanglante fait état de neuf civils tués, dont trois femmes et un nouveau-né, ainsi que sept maisons incendiées et un blessé grave. Située à 12 kilomètres de Biakato sur la RN44, en direction de Mangina, cette localité de la chefferie des Babila Babombi a été livrée à la violence pendant près d’une heure, sans qu’aucune force de défense ne s’interpose.

​Ce drame soulève une vague d’indignation sans précédent en raison du silence des unités sécuritaires face aux signaux précurseurs. Maître Jospin Paluku, coordonnateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), dénonce une chronologie des faits révoltante : « Les alertes ont commencé tôt le matin du dimanche, mais il n’y a pas eu d’intervention ». Malgré cette mobilisation citoyenne dès l’aube, les assaillants ont pu opérer en toute impunité au cœur de ce carrefour commercial névralgique du territoire de Mambasa.

​Cette passivité apparente a fait réagir le député provincial Kasereka Sivamwenda Gilbert, élu de Mambasa, qui exprime sa colère face à ce qu’il qualifie d’abandon manifeste de ses administrés. Pour l’élu provincial, comme pour les forces vives locales, l’absence de secours alors que l’ennemi était signalé depuis plusieurs heures est inadmissible. La population refuse désormais les simples messages de compassion et exige des comptes clairs sur la chaîne de commandement.

​Le sentiment de trahison est tel que la société civile pose désormais une condition sine qua non au rétablissement de la confiance envers les institutions. « Une seule recommandation : que les autorités disent ouvertement à la population le secret qui se cache derrière cet abandon de la population », martèle Maître Jospin Paluku.

À Makumo, entre les décombres fumants et la douleur des funérailles, l’opinion publique reste convaincue que la tragédie de dimanche n’est pas une simple faille technique, mais le résultat d’un mutisme injustifiable des autorités militaires.

Rédaction

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